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  31 mar 2018 à 23:23
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Pêche à la moule: conflit ancestral entre la Lettonie et ses voisins

Depuis de nombreuses années, le conflit fait rage entre la Lettonie et ses voisins, la Lituanie et l’Estonie. Chaque pays revendique en effet la paternité d’une tradition ancestrale dans la région: la pêche à la moule. Cette pratique, qui remonte selon certaines sources à plusieurs milliers d’années, est ainsi au coeur d’une bataille diplomatique. La Lettonie vient cette semaine de franchir un cap en déclarant la pêche à la moule sport national. Le ministère estonien de la pêche et des ressources marines n’a pas tardé à réagir en jugeant cette décision “insensée et nuisible à la relation unissant notre pays à la Lettonie”.

Pour régler le conflit, la Lettonie proposa dans la foulée un grand championnat consistant en une joute navale. L’idée fut acceptée et acclamée. En effet, la nation qui réussira ainsi à prouver sa ténacité, son audace et sa détermination quant à la discipline se verra décider du statut juridique des moules et de leur exploitation.

Chaque flotte est composée d’un sixième de la population de chaque pays, selon l’office balte de statistiques. En effet, suite à la déclaration lettone, le peuple se souleva un peu partout et les rues ne désemplirent que lorsque les gouvernements déclarèrent les bateaux prêts à l’abordage.

Olga, estonienne, mère de famille de quarante-cinq ans et pêcheuse à la moule de mère en fille témoigne : «C’est aberrant ! La Lettonie tente de s’approprier notre savoir-faire. Vous savez, je consacre ma vie aux moules; elles font comme partie de la famille. Un jour la plus jeune de mes filles a voulu en adopter une. J’ai accepté mais au bout d’une semaine elle avait disparu. Mon mari l’avait mise à la casserole par inadvertance. Mariette nous manque désormais. Cela me touche que la Lettonie juge la sainte pratique qu’est la pêche à la moule comme un sport, mais c’est le notre aussi. » Son mari montra sa collection de seaux à la rédaction.

Pour définir cette joute, les anciens invoquèrent les dieux de la mer à l’aide d’un instrument de type canne à pêche qu’ils agitèrent vers les récifs. Le top départ a été donné il y a de ça maintenant trois jours.

D’après nos sources, les bateaux de l’équipe estonienne auraient eu, hier, un accident en mer suite à « l’apparition de divines créatures marines charmant les mâles ». Cet incident fit déclarer l’Estonie inapte à honorer la pêche à la moule, ce pour les quatre millénaires à venir. En effet, cette pratique nécessite une concentration ultime car la fusion entre l’homme et le mollusque bivalve se doit d’être atteinte. On appelle cela « mere paroksüsm » à savoir « le paroxysme marin » dans le patois baltique.

ll ne reste donc plus que les chaloupes lettones et lituaniennes en lice.
Les derniers témoignages décrivent des bribes de cris entendus au large et transportés par le vent jusqu’à la côte. On devinait des cris d’enfants clamant à leur maman qu’à la pêche aux moules, ils ne voulaient pas y aller! Les gens de la ville ont peut-être pris leurs paniers. Après expertises, les autorités lituaniennes dénoncent un complot. La Lettonie aurait parachuté des enfants du pays sur les terres lituaniennes en prévision de cette joute pour subtiliser les contenants à moule des jeunes lituaniens afin qu’ils fassent couler la nation toute entière avec leurs râleries. Après ces paroles lointaines, un sixième de la population ne donna plus signe de vie.

Suite à cette tragique annonce, la Russie a décidé de mobiliser son satellite le plus performant pour retrouver les fervents défenseurs lituaniens de la pêche à la moule. Nous ne sommes pas au courant des relations exactes qui lient la Russie à la Lituanie, mais nous pouvons supposer qu’il y a anguille sous roche. C’est une affaire à suivre dont nous ne manquerons pas de reparler.

Sans avoir surmonté aucune épreuve, la Lettonie se déclara grande gagnante du championnat de pêche à la moule en faisant parvenir un communiqué de presse au New York Times. Nos contacts nous firent parvenir cet extrait : « nous ne comptons pas nous arrêter à cette victoire, les jeux olympiques sont la prochaine étape. Une fois cette dernière passée, nous conquerrons le monde entier ».

Que se passera-il ? Nul ne le sait actuellement. Cependant, suite à la perte massive de citoyens ayant voulu défendre leur patrie, la main d’oeuvre manque et l’activité économique des pays baltes est en chute libre selon Wall Street.

Les pacifistes baltes se disent soucieux des rixes pouvant prochainement opposer les syndicats socioéconomiques aux défenseurs de la tradition moulique tandis que les gouvernements locaux semblent pour leur part être dépassés par la tournure prise par les événements.

Affaire à suivre. En attendant que les pays baltes règlent la question des moules, la rédaction de TOPO, elle, pour éviter de s’immiscer dans un conflit international, a préféré partir pêcher le poisson…d’avril.