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  27 sept 2017 à 17:48
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Unimail, les portes de l’enfer: interview avec l’ingénieure

Les deux portes tambours d’Unimail ont, comme à chaque rentrée, fait beaucoup parler d’elles. Nez cassé, soupir exaspéré et crise de nerf, Topo a pu obtenir en exclusivité une interview de Caroline C, conceptrice de ces portes infernales.

L’efficacité de ces portes est souvent critiquée, que répondez-vous à cela ?

On ne crée pas une porte pour être efficace, on crée une porte pour sa portée symbolique. Ici ces portes tambours représentent le brassage entre le savoir et la cité. Ce mouvement continu de spirale dans le sens antihoraire est inspirant et nous élève vers la connaissance. Alors qu’importe si elles ne fonctionnent pas, c’est l’expérience transcendantale qui prime.

« J’aime le bruit blanc des fronts qui s’écrasent contre ces portes vitrées »

Mis à part leur efficacité, des questions de sécurité se posent. On nous rapporte de nombreux cas de nez cassés et/ou de chocs violents. Comment justifiez-vous cela ?

Voyons jeune homme, n’avez-vous donc aucun sens de la poésie ? Personnellement, j’aime le bruit blanc des fronts qui s’écrasent contre ces portes vitrées. On appelle ça des portes tambours, ce n’est pas pour rien, il faut que ça percute. Et sincèrement, qu’est-ce qu’un nez cassé comparé aux regards accusateurs qui se tournent vers le malin qui a voulu se faufiler ? Sans parler de ces soupirs d’exaspération soutenus, un régal.

Avez- vous conscience que vous ruinez la journée de dizaines d’étudiant-e-s tous les jours ?

Oui tout à fait, mais là encore ça fait partie de l’expérience. La connaissance est difficile à obtenir et est subtile dans son essence. Le calcul de l’angle de pénétration entre ces portiques est en soit une connaissance.  Et rien de tel qu’une bonne grosse bosse pour se rappeler qu’apprendre est un dur labeur.

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Illustration conceptuelle par Caroline C.

Dernière question pour la route, avez-vous d’autres projets en cours ?

Oui ! Tout à fait ! Je travaille en ce moment sur les prochains trams TPG. Je souhaite faire des portes coulissantes qui fonctionnent une fois sur deux et qui pincent très fort pour rappeler la vacuité du temps qui passe et la relativité de l’espace-temps qui se contracte dans la danse mélodieuse que sont les transports genevois à 17h30.