Amanda Guénard, candidate pour la liste Union de la droite et du centre (source : Twitter)

Le 26 mai au soir, nous connaîtrons les noms des 79 eurodéputé(e)s français(e)s, 5 ne siégeront pas en attendant le Brexit. Pour avoir des élus, il est nécessaire de dépasser la barre des 5 pourcents. Les Républicains, arrivés 3e aux dernières présidentielles (avec François Fillon), devrait maintenir leur place de grande force politique. Mais que proposent-ils pour l’Europe ? Rencontre avec Amanda Guénard, en 74e position sur la liste menée par l’enseignant en philosophie François-Xavier Bellamy.

1) Pouvez-vous vous présenter et présenter votre parti ?

Je m’appelle Amanda Guénard, j’ai 23 ans et je suis à l’heure actuelle conseillère en investissement immobilier au sein d’une start-up. Je suis née, j’ai grandi et j’habite Angers dans les Pays-de-la-Loire. Je suis militante au sein du parti « Les Républicains », anciennement « UMP », depuis 2013. J’ai donc pris part à toutes les élections depuis cette date : municipales, départementales, régionales, européennes, sénatoriales, législatives et présidentielle. J’ai décidé de me porter enfin candidate sur une liste de notre parti à la fin de ce cycle. Il me paraissait primordial de connaître le plus possible tous les rouages de nos élections avant de prétendre être candidate. Mon parti est donc « Les Républicains », le traditionnel grand parti de droite et du centre au sein de la politique française. Notre positionnement est libéral économiquement et conservateur sur le plan sociétal. Nous défendons notamment les valeurs du travail et du mérite dans une France et une Europe de tradition chrétienne.

2) En Suisse, en France et dans de nombreux autres pays les jeunes manifestent pour le climat. Quelles réponses, notamment au niveau européen, avez-vous à apporter à cette mobilisation ?

Je serai toujours heureuse que la jeunesse de France et d’Europe se mobilise pour des questions si fondamentales. Il importe désormais que cette jeunesse se mobilise pour voter, et notamment aux élections européennes du 26 mai prochain. En effet, 74% des 18-35 ans ne se sont pas déplacés en 2014 pour les dernières élections européennes et il est donc difficile de mesurer leurs revendications et de les entendre s’ils ne s’expriment pas par la base démocratique qu’est le vote. En outre, « Les Républicains » ont également au cœur de leur engagement ces questions écologiques. Aimer son pays, sa planète, c’est tout d’abord la préserver et empêcher sa destruction. Or, un pays comme la France, malgré tous les efforts entrepris, ne peut endiguer le mouvement mondial de pollution à lui-seul. Il faut que tous les pays s’entendent pour cela. Nos efforts écologiques, faits et à faire, pèsent malheureusement très peu à côté de pays comme la Chine, le Brésil ou les Etats-Unis. C’est pour cela que nous proposons au niveau européen comme au niveau français des barrières douanières écologiques qui empêcheraient ces pays de concurrencer nos entreprises qui, elles, se démènent pour respecter les nouvelles normes environnementales. De même au niveau européen : la France a choisi de garder son énergie nucléaire pendant que l’Allemagne a fait le choix de s’en séparer et l’a remplacée par des centrales à charbon. Résultat : l’Allemagne a multiplié son empreinte carbone contrairement à la France qui, en outre, trouve aujourd’hui des solutions de plus en plus neutres pour l’environnement pour les déchets nucléaires. Il faut donc mener une véritable concertation afin que les efforts de chaque pays ne puissent pas être réduits à néant par l’action de ses voisins. Enfin, il est très important pour nous de redonner un peu de bon sens à cette guerre écologique. Taper sur le petit travailleur qui a besoin de son véhicule pour travailler en le taxant de toute part et notamment sur son carburant, ne trouve aucune logique face aux effets catastrophiques de la sur-mondialisation. En effet, aujourd’hui, un poisson pêché en Norvège va parcourir des milliers de kilomètres pour être traité en Chine et revenir sous forme de plat préparé pour notre consommation européenne avec toute l’empreinte sur l’environnement que cela crée ! C’est cela qu’il faut attaquer !

3) De manière générale quelle est votre opinion et votre projet à propos de l’Union Européenne et de ses institutions ?

Mon parti et moi-même savons qu’à l’heure actuelle, nous avons besoin d’une organisation européenne pour faire face aux grandes puissances économiques telles que la Chine et les Etats-Unis mais également face aux nouvelles puissances émergentes, étatiques, numériques, économiques… Nous avons également besoin de l’Europe pour gérer au mieux cette immigration de masse qui dure depuis assez d’années, pour faire face au changement climatique comme je l’ai énoncé plus haut et pour faire face à la montée de l’islamisme. Mais l’Europe, aujourd’hui, n’est plus assez efficace. Il faut donc la changer. L’Europe doit tout d’abord se retrouver une identité. Elle est une civilisation qui est le fruit de racines judéo-chrétiennes. L’Europe doit aujourd’hui savoir à nouveau qui elle est et ce qu’elle veut.
Nous avons donc 5 projets pour l’Union Européenne :
– Une Europe frontière pour stopper l’immigration de masse, nous défendre du terrorisme islamiste et protéger notre territoire. Pour cela, nous devons également refuser tout nouvel élargissement.
– Une Europe civilisation pour défendre notre histoire et la faire rayonner
– Une Europe puissance pour faire face aux géants de la mondialisation
– Une Europe projet : il faut que l’Europe développe de grands projets stratégiques, utiles pour notre économie et notre société, au lieu de produire à tout-va toujours plus de normes, de directives, de règlements éloignés des enjeux réels de sa construction.
– Une Europe efficace, plus rapide, plus démocratique, moins technocratique, qui s’intéresse de nouveaux à ses citoyens et ses nations.

 4) Comment envisagez-vous les relations entre l’Union Européenne et les pays non-membres comme la Suisse ?

L’Union Européenne n’a pas d’ambition sectaire, elle doit être ouverte et entretenir, si ce n’est développer, ses relations avec les pays non-membres, d’autant plus ses pays frontaliers comme la Suisse. La Suisse, par exemple, a une relation particulière avec l’UE de par notamment sa présence au sein de l’Espace Schengen. L’Union Européenne a donc des devoirs envers la Suisse car sa défaillance pourrait lui entraîner des dommages, notamment sur les questions d’immigration clandestine. Sur le plan économique également puisque les hauts salaires en Suisse permettent à ceux qui y travaillent et habitent à la frontière de mener une vie particulièrement avantageuse. Mais le but bien sûr n’est pas de laisser cette situation telle quelle et nous devons autant que faire se peut essayer de nous hisser à ce niveau.

5) Le projet européen se manifeste notamment par Erasmus, que peut faire l’UE de mieux et de plus sur les questions d’éducation et de jeunesse et en particulier sur l’Université ?

On souhaite transmettre aux plus jeunes le sens de la civilisation européenne grâce à l’apprentissage de l’histoire de l’Europe et du fonctionnement de l’Union européenne dès l’école primaire en favorisant les jumelages avec les autres établissements des Etats membres. Nous souhaitons développer aussi un Erasmus 3.0 universel en renforçant ce succès européen, notamment en permettant à chaque jeune, collégien, lycéen, apprenti ou en études supérieures d’effectuer pendant son parcours un séjour académique ou une formation professionnelle dans un autre pays européen.

6) Les élections européennes se tiendront bien évidemment en France mais aussi dans l’ensemble des pays membres, avez-vous des alliés dans d’autres pays ?

« Les Républicains » sont membres du « Parti Populaire Européen » (PPE), la première force politique au sein du Parlement européen. Dès lors, nous avons des alliés dans chaque pays européen et autant d’interlocuteurs pour changer l’Europe.

7) Quels sont les thèmes et les propositions que vous allez porter dans la campagne et une fois élu(e) ?

Pendant la campagne et tout au long de la mandature, les thèmes principaux que nous allons porter sans relâche sont les suivants :
– Lutter contre l’immigration illégale
– Lutter contre le terrorisme islamiste
– Aucun élargissement de l’UE ou de l’Espace Schengen
– Inscription des racines judéo-chrétiennes et de l’héritage gréco-romain dans les traités européens
– Défense d’un patrimoine culturel unique
– Protection de l’environnement naturel du continent
– Préférence européenne et française des entreprises
– Promotion de l’agriculture française

 8) Et pour finir, en quelques mots, dites-nous pourquoi les français(es) devraient voter pour vous et votre liste ?

Contrairement à ce que certains affirment, tous les problèmes que nous rencontrons en France ne sont pas imputables à l’Union européenne. Nous devons d’abord nous remettre nous-mêmes en question sur le modèle économique et sociétal que nous voulons instaurer en France. Mais, contrairement à d’autres, ce n’est pas une raison pour fermer les yeux face aux défaillances de l’Union Européenne, qui doit être un levier et non un frein pour les Nations qui la composent. Dès lors voter « Les Républicains » (et « Les Centristes » – nos alliés dans cette campagne), c’est dire « Oui ! » à l’Europe mais « Non ! » à l’aveuglement européen dont fait preuve aujourd’hui Emmanuel Macron.

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