Les récentes mobilisations, pour le climat ou la grève des femmes par exemple, ont démontré que les jeunes souhaitaient se faire entendre pour défendre des causes chères à leurs yeux. Mais de la rue à la coupole fédérale, il y a un pas que peu franchissent. En effet, parmi les parlementaires élus en 2015, 4 seulement avaient moins de 30 ans, alors que la moyenne d’âge dépasse largement 50 ans.

Le problème du manque de jeunes en politique interpelle donc encore à une époque où, plus que jamais, ces derniers pourraient y apporter du neuf. Les jeunesses de parti que nous avons interrogées confirment que leurs idées sont parfois différentes de celles de leurs partis-mère respectifs et ils se montrent unanimes : il faut encourager les jeunes à s’impliquer davantage en politique !

Qu’est-ce qui vous différencie de votre parti-mère ? Que proposez-vous de différent ?

Jeunes Vert-e-s : Les JV genevois travaillent en étroite collaboration avec les Verts genevois. Le soutien est mutuel mais des divergences peuvent apparaître en ce qui concerne les priorités relatives aux droits des animaux, à l’aménagement du territoire, à l’élevage ou à la protection de la nature. Il n’est plus possible d’attendre : nous devons être acteurs du changement et là où les Verts s’engagent dans des voies institutionnelles, les JV poursuivent leur engagement à travers la société civile. La différence principale réside donc davantage dans les moyens d’action que dans des sujets précis.

JDC Genève : Un parti-mère se doit d’avoir des propositions sur tous les sujets dominants de la vie quotidienne. Les sections de jeunes bénéficient d’une grande autonomie en matière de programme électoral et de prises de position. Nous, nous avons décidé d’axer notre campagne sur la question environnementale (en y incluant un aspect économique : une économie durable p.ex.), sur les relations bilatérales avec l’UE (notamment l’aspect diplomatique) et sur la politique familiale (inexistante en Suisse). Nous avons aussi une totale liberté en matière de graphisme et d’actions de terrain. Et évidemment : nous avons un soutien total de la part de notre parti-mère.

Vert’libéraux – Jeunes : Les jeunes vert’libéraux sont très alignés avec les vert’libéraux. Ceci s’explique sans doute en partie par l’âge moyen relativement bas de notre parti mère. Notre différence principale aujourd’hui est celle de l’objectif de neutralité carbone que nous nous fixons. Le parti mère vise 0 émissions à l’horizon 2040 contre 2030 pour les jeunes. En revanche, les mesures que nous proposons sont identiques pour l’essentiel.

Jeunes libéraux-radicaux : Les Jeunes Libéraux-Radicaux Genève s’engagent pour des idées de liberté et de responsabilité individuelle. Nous croyons qu’une société prospère se construit grâce à des citoyens qui font d’abord confiance à eux-mêmes avant de s’en remettre à l’État et qui définissent leur mode de vie de manière indépendante. Nous nous engageons pour un libéralisme global ; pas seulement pour un libéralisme économique mais également pour un libéralisme de société, de santé et de politique extérieure.
Contrairement à notre parti mère, nous n’avons pas à assumer de responsabilité gouvernementale et pouvons donc faire en sorte que les idées et les projets que nous portons soient toujours conformes à notre credo.

Les jeunes de moins de 30 ans sont très peu présents au Conseil national. Pourquoi sont-ils ainsi à l’écart du pouvoir législatif ? Quel rôle des jeunes comme vous ont-ils à jouer sous la coupole ?

Vert’ libéraux – Jeunes : Le problème comporte plusieurs éléments. D’un côté les jeunes ne se sentent que rarement légitimes dans leur participation politique, et d’un autre, les partis politiques disposent encore souvent de structures rigides qui les maintiennent à l’écart de la direction des partis ou encore des positions plus visibles. En effet, quel parti à Genève, hormis les Vert’libéraux, a osé mettre en avant un candidat de la liste jeune pour le conseil des États ? Nous aimerions que ce genre d’initiative ait également lieu dans d’autres partis afin de promouvoir les jeunes compétent-e-s, ce qui aurait également pour effet d’inciter les jeunes à voter. En outre, la politique en Suisse se fait encore énormément par réseau direct, or celui-ci se construit avec l’âge.

Jeunes libéraux-radicaux : Notre parti représente les intérêts des jeunes travailleurs qui commencent à peine leur carrière professionnelle et politique. Nos candidats au Conseil national en sont le parfait exemple. Chacun d’entre eux est engagé dans sa communauté et possède une solide expérience en politique communale. L’esprit entrepreneurial est également marqué et est l’expression de notre philosophie libérale.
Mais plus fondamentalement, nous ne croyons pas au modèle des politiciens professionnels qui entrent au parlement jeunes, sous prétexte de « représenter du neuf ». Ces personnes qui sacrifient leur carrière professionnelle pour la politique afin d’être élus au Parlement le plus tôt possible, et qui n’ont que peu d’expérience de vie. Le système de milice est un trésor que la Suisse doit conserver.

JDC Genève : On a eu tendance à considérer que les jeunes sont trop rebelles et pas assez cultivés pour faire de la politique. Ce cliché a la peau dure et empêche souvent les jeunes d’être jugés de manière crédible. Or, la marche pour le climat et les mobilisations étudiantes montrent qu’il y a un véritable intérêt pour les questions politiques chez les jeunes. Des jeunes comme nous peuvent servir de pont entre les instances législatives et la jeunesse de ce canton. L’important est de communiquer et de répondre aux questions des jeunes, sinon ceux-ci ne se sentiront jamais à leur place et ne s’impliqueront pas en politique. Aussi, nous avons une vision moderne et consensuelle de la politique. Il n’y a pas de place pour les idées qui divisent, sinon pour les projets qui rassemblent. C’est notre objectif.

Jeunes Vert-e-s : Les JV sont la seule jeunesse genevoise à avoir eu un-e élu-e à Berne. Ce n’est pas un hasard : notre engagement pour porter et défendre la voix de la jeunesse est sincère et s’inscrit dans notre ADN. La faible présence des moins de 30 ans à Berne peut s’expliquer par un manque d’expérience souvent mal perçu par l’électorat. Ainsi, de nombreux partis peinent à mettre des jeunes sur leur liste. Pour ces élections, sur 27 candidat-e-s et 3 listes, les Verts genevois présentent 12 candidat-e-s (soit 44%) de moins de 31 ans. Et pour rappel, les JVGe ont 4 élues au Grand Conseil ! Nous souhaitons montrer que la politique est l’affaire de tou-te-s et que chacun-e peut s’y engager. C’est tout le sens de notre implication et de notre engagement pour ces élections et les échéances politiques à venir.

Que faire pour intéresser les jeunes à la politique ?

JDC Genève : Multiplier les débats entre jeunes de différents partis dans les établissements scolaires, organiser des visites des instances politiques avec rencontre des élu(e)s, maintenir le vote électronique, créer un cours d’éducation civique qui rappelle l’importance du vote, donner plus de compétences aux communes pour que les jeunes aient envie d’agir à l’échelle locale, etc… ce ne sont pas les idées qui manquent, sinon la volonté de les appliquer !

Jeunes libéraux-radicaux : Pour que les jeunes s’intéressent, il faut qu’ils se sentent concernés et qu’ils voient un lien avec leur propre réalité. La scolarité obligatoire n’enseigne malheureusement pas, ou trop peu, comment fonctionne notre prévoyance vieillesse ou comment payer ses impôts. De nombreux jeunes et étudiants ne « naissent » réellement que lorsqu’ils deviennent une source d’argent pour l’état.
L’engagement au sein de la communauté est la première étape de l’engagement politique. Celui qui permet de sortir de « sa bulle ». Pour qu’une société démocratique soit en bonne santé, il faut que toute les couches de la population se sentent concernées.

Jeunes Vert-e-s : Il est primordial de rappeler que tout est politique : notre façon de consommer, de nous habiller, de penser la société … Les jeunesses de partis jouent également un rôle fondamental pour former, de manière collective, une conscience politique. Il est important de rappeler que chez les JVGe, il n’y a pas de comité et que la co-présidence joue un rôle de coordination avant tout. Les décisions sont prises de manière collective et toute personne souhaitant s’investir trouvera la place qu’elle souhaite prendre au sein des JVGe. Enfin, les JVGe pensent que l’apprentissage passe par l’action : pour ces raisons, nous soutenons également l’instauration du droit de vote à 16 ans.

Vert’libéraux – Jeunes : pas de réponse

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DébatsSuisse