La blockchain pour les nuls

Dans quelques jours, la dixième édition de CommunicaI, salon de la communication, se tiendra à Genève. Devinez quel thème est traité cette année… Vous l’avez bien compris, il s’agit de la blockchain ! Mais au fait, c’est quoi la blockchain ?

C’est en 2009 que la blockchain fait son apparition lorsque Satoshi Nakamoto, inventeur du bitcoinII, lance sa crypto-monnaie. Par définition, ces monnaies-là sont virtuelles et s’échangent sur un réseau informatique décentralisé, à savoir la blockchain. De ce fait, l’association bitcoin-blockchain est devenue très fréquente, voire indissociable.

La blockchain, littéralement « chaîne de blocs » en français, est une technologie innovante qui permet le stockage et la transmission d’informations de manière transparente et sécurisée. Sa grande particularité – et raison de sa popularité croissante – est qu’il s’agit d’une technologie décentralisée. En d’autres termes, avec la blockchain, fini les organes centraux de contrôles, fini les intermédiaires et fini les informations gardées sur des mêmes et uniques serveurs. Là encore, il suffit d’imaginer un système « anti-Google » dans lequel l’ensemble de nos données ne sont pas manipulables par une entreprise à notre insu, mais bel et bien figées dans la blockchain. Une aubaine quand on pense à de récentes utilisations douteuses d’informations, comme lors du scandale Cambridge AnalyticaIII. Pour rappel, l’affaire a révélé que l’entreprise britannique éponyme avait utilisé illégalement les données de près de 87 millions d’utilisateurs de Facebook à des fins, entre autres, d’influence, de chantage, de corruption et d’espionnage politique.

Comment fonctionne la blockchain ? Concrètement, chaque transaction qui passe à l’intérieur d’un « bloc » va devoir être vérifiée et validée par plusieurs utilisateurs avant d’être entérinée dans la chaîne. Dans le jargon, cette étape de vérification s’appelle le minage. Elle est accessible à tous, à condition d’avoir des ordinateurs assez puissants pour résoudre des calculs cryptographiques complexes. Quel est l’intérêt de « miner » ? Un système de récompense est mis en place par le système et le « mineur » finit par recevoir du bitcoin. Tout travail mérite salaire, en version 2.0.

Vous n’y voyez toujours pas clair ? Imaginez alors un grand livre : vierge, infini et public. Ses pages sont réparties partout dans le monde et toute nouvelle inscription y est d’abord annotée, puis réécrite à l’encre indélébile, laissant une trace inchangeable et accessible à tous.

Pourquoi parle-t-on autant de la blockchain?

Si la blockchain est un mot qui revient aussi souvent ces dernières années, cela est tout sauf un hasard ! Initialement destinée au monétaire et à la finance lorsqu’elle a été lancée en association avec le bitcoin, la technologie blockchain a rapidement démontré être bien plus qu’un vulgaire support pour l’émancipation des crypto-monnaies. En effet, la blockchain fonctionne uniquement comme plateforme pour les transactions de bitcoin, mais il existe d’autres domaines dans lesquels elle pourrait se révéler très utile.

Pour illustrer ce propos, L’exemple parfait n’est autre que la blockchain Ethereum. Cette variante de la blockchain a la spécificité de détenir l’outil des smarts contracts. Ces « contrats intelligents » sont des transactions prédéfinies qui s’inscriront dans la blockchain lorsque les clauses de celles-ci sont remplies, elles s’exécutent directement sans aucune intervention manuelle. Sur le plan pratique, ces contrats sont déjà utilisés dans de nombreux domaines. Par exemple, l’assurance Axa a créé le système FizzyIV, basé sur la technologie blockchain. Le principe est simple : lorsque l’assuré fait face à un retard de vol et qu’il possède une garantie retard d’avion chez Axa, il est automatiquement indemnisé, une fois que l’information du retard de vol a été reconnue par le système. Dans cet exemple, l’avantage pour l’assuré est qu’il n’y a plus de cas de litiges possible avec son assurance, le débat pour savoir s’il doit être indemnisé ou non ne se pose donc pas.

Quid de l’avis helvétique sur la blockchain?

La Suisse semble emballée sur le sujet. Pour preuve, le canton de Zoug est, depuis quelques années, sous les feux des projecteurs en étant désormais connu comme la « Crypto Valley » V. La région suisse alémanique est ainsi devenue l’un des pôles mondiaux de la crypto-monnaie et, par conséquent, de la blockchain. Par ailleurs, en juin dernier, Facebook a annoncé que le siège pour le projet LibraVI serait établi à Genève. De quoi prévoir de belles années à venir entre la Suisse et cette technologie, à présent bien plus claire.

Quel avenir pour la blockchain?

Prometteur pour le pessimiste, radieux pour l’enthousiaste. Bien que les avis sur la blockchain divergent, tous semblent d’accord pour dire que la blockchain dispose d’un énorme potentiel. En guise de preuve, en 2017, Donald Trump annonçait un budget militaire de près de 700 milliards de dollars incluant entre autres, un mandat pour le développement de la recherche sur la blockchain pour lutter contre la cybercriminalitéVII. En juin dernier, Facebook annonçait à son tour la création de Calibra, filiale spécialement conçue pour lancer Libra, le projet de crypto-monnaie du réseau social.

, le . Dernière modification le
Technologies et Environnement