Entre le 5 et le 14 mars 2021 à Genève s’est tenu le Festival du film et forum international sur les droits humains. Comme chaque année, le FIFDH propose une programmation variée et des films en phase avec l’actualité et les problématiques contemporaines. Cette édition en ligne a profité des plateformes numériques pour mettre à disposition des films et des entretiens.

Parmi les films visionnés, le documentaire Silence Radio a retenu mon attention. Le long métrage présente les enjeux sociaux et politiques de la presse au Mexique. La caméra suit le travail d’une chroniqueuse radio qui lutte pour que son audience soit bien informée sur les affaires du pays. Une conscience professionnelle qui place la journaliste sous l’œil du gouvernement. 

En 2019, la cinéaste Juliana Fanjul réalise Silence Radio : un long métrage tourné au Mexique dans lequel elle suit le travail de la journaliste Carmen Aristegui [1].

Véritable voix de l’information au Mexique, Carmen est connue du grand public [2]. Sa parole ne tait aucune investigation qui se déroule dans le pays. Un don d’ubiquité qui lui vaut la méfiance du gouvernement mexicain. En 2015, Carmen Aristegui est licenciée et privée d’antenne après avoir révélé une histoire de corruption qui impliquait l’ancien président, Enrique Peña Nieto [3].

Le documentaire place la journaliste au centre de l’action. Son combat pour la justesse de l’information, mais aussi le soutien indéfectible qu’elle reçoit de la part des auditeur.ice.s composent la majorité du documentaire. Malgré son licenciement, Carmen Aristegui continue de faire entendre sa voix en créant une nouvelle plateforme de diffusion. Un projet périlleux qui est suivi de près par les autorités. Elle est constamment surveillée et menacée tout comme ses collaborateur.ice.s.

Les premières images du documentaire révèlent les risques du métier en présentant le meurtre du journaliste Javier Valdez Cárdenas [4]. Un parallèle s’établit rapidement et une question se pose : comment une journaliste qui mène ses enquêtes contre l’opinion politique peut-elle survivre dans un climat de corruption ?

Silence Radio est une ode à l’incorruptible, à la nécessité de braver les impositions qui réduisent les citoyens au silence. Les plateformes journalistiques deviennent des espaces majeurs pour l’éveil des consciences, mais elles constituent parfois le principal écueil à la liberté d’expression.

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