Les réseaux sociaux seraient-ils devenus la nouvelle arène du débat politique ? Il y règne un climat tantôt d’information tantôt de désinformation. Faisant à présent partie intégrante du quotidien de l’électeur.rice, ils présentent également des risques pour le débat politique. Bien évidemment, les présidentielles aux États-Unis n’échappent pas à la règle et, depuis plusieurs semaines, de fausses informations circulent, que ce soit pour avantager Donald Trump, président républicain sortant ou son opposant démocrate, Joe Biden. À titre d’exemple, sur Facebook, un message expliquant que “100’000 bulletins de votes illégaux censés faire offense à Trump ont été trouvés” a plus fait réagir les internautes (plus de 30 millions de “j’aime”, de commentaires et de partages) que la page du New York Times sur la même période [1], ce qui pourrait influencer sur les choix des électeurs au point de largement déséquilibrer la balance électorale.

Pour lutter contre ces tentatives de désinformation et de manipulation des électeur.rice.s, plusieurs géants du web se sont mobilisés, chacun à leur manière. Facebook a mis en place un conseil de surveillance censé effectuer un tri de contenu entre fausses informations et informations vérifiées [2]. Cette mesure est toutefois contestée. Selon l’étude d’un collectif américain indépendant, le Tech Transparency Project, ce système aurait trop de failles, pour venir à bout du problème. Les mesures prises ne permettent pas d’accéder aux conversations privées, lieu où, pourtant, la grande majorité des désinformateur.rice.s est active [3]. Or ce problème met en évidence le souci éthique de l’accès aux données privées.

Un autre géant du web, Twitter, a mis en place un système redirigeant les internautes qui s’intéressent aux votations vers des sites considérés fiables qui pourront les informer sur les règles élémentaires pour prendre part au vote. Cette précaution est prise notamment suite au tweet de Donald Trump invitant ses électeurs à voter deux fois : une fois par correspondance puis une fois en allant aux scrutins, acte pourtant illégal [4]. Ainsi, nous pouvons remarquer que la désinformation ne se limite pas seulement à des parties qui veulent avantager leur camp politique favori, mais s’étend jusqu’à certaines personnalités publiques, dont l’actuel occupant de la Maison Blanche. Même style de prévention du côté de YouTube qui proposera aux potentiels électeurs des fenêtres d’informations sur le processus électoral en cas de recherches sur les candidats ou le vote par correspondance [5].

Spécifions également que le vote par correspondance énoncé plus tôt par Donald Trump risque d’être largement préféré au vote physique (crise sanitaire oblige), ce qui prolongerait le temps du dépouillement, temps que pourraient utiliser les cybercriminels pour divulguer de fausses informations sur les résultats. Cela a donc obligé le FBI ainsi que l’agence américaine de cybersécurité à demander aux citoyens américains d’être attentifs quant aux sources qu’ils consultent [6]. Comme on a pu le constater, cette lutte est loin d’être terminée. Les sites internet semblent se diriger plutôt vers des stratégies de communication et de prévention contre la désinformation, mais la tâche a l’air plus compliquée en ce qui concerne la traque et le démantèlement des réseaux de désinformateur.rice.s. En premier lieu, il sera nécessaire de comprendre les dynamiques de la désinformation. Affaire à suivre…


, le . Dernière modification le
International