sorcières
Michée Chauderon : la sorcière de Genève
Les Temps Modernes marquent la hantise des humains pour la sorcellerie. La superstition étant dominante à cette époque, nombreuses sont celles, et parfois ceux, qui sont accusées de sorcellerie dès lors qu’elles paraissent suspectes.
L’Inquisition, instaurée au Moyen-Âge, sévit encore à l’époque moderne. A Genève, les préceptes calvinistes condamnent sévèrement les hérétiques afin de lutter contre le diable. A l’époque d’une méfiance exacerbée et dans un climat de terreur, la peur des sorcières grandit considérablement : le mal devient omniprésent et on accuse à tort et à travers. Michée Chauderon en a été victime : elle est officiellement la dernière sorcière exécutée à Genève, le 6 avril 1652. Accusée d’avoir voulu empoisonner deux de ses jeunes voisines, la fille Vallin et la fille Royaume, Michée nie catégoriquement les faits et proclame être une femme de plus à être victime d’incriminations injustifiées [1].
Michée est arrêtée et emmenée pour être interrogée. Lors de l’interrogatoire, elle répondra à un peu moins de 300 questions : 296 pour être précise [2]. Mais c’est sous la torture qu’elle donne raison aux rumeurs. Les juges, ayant obtenu l’aveu qu’il leur fallait, l’utilisent comme preuve solide et cela leur permet de condamner Michée [3]. L’aveu forcé devient capital. Michée voit s’imposer la peine du bûcher, méthode traditionnelle pour les sorcières. Elle meurt pendue le 6 avril 1652 à l’aube, sur la place de Plainpalais à Genève. Son cadavre sera brûlé publiquement [4].
Si la mémoire de Michée Chauderon est tenace, c’est parce qu’elle marque la fin de la chasse aux sorcières à Genève. Contrairement à ses prédécesseures, Michée ne fut pas brûlée vive. Plus aucune femme, à Genève, ne sera accusée de sorcellerie après elle. Michée reste célèbre également parce qu’elle représente toutes les femmes qui, jusqu’alors, incarnaient prétendument le Mal, bien souvent pour l’unique raison qu’elles étaient de sexe féminin. Bien que Michée Chauderon ait été accusée par des femmes, elle a été condamnée par des hommes. L’oppression masculine peut être considérée parmi les raisons principales du nombre élevé de femmes qualifiées de « sorcières », nom invariablement utilisé au féminin. En effet, une femme plus savante était dangereuse… et par conséquent en danger [5].
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« Sorcière, sorcière, prend garde à ton derrière » in Histoire insolites du genevois d’autrefois : https://histoiresinsolitesdugenevoisdautrefois.wordpress.com/2015/02/25/sorciere-sorciere-prend-garde-a-ton-derriere/ (consulté le 19.04.2020)
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« Pourquoi les sorcières sont-elles de retour ? », Usbek & Rica : https://usbeketrica.com/article/pourquoi-les-sorcieres-sont-elles-de-retour (consulté le 19.04.2020)
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« Quand Genève brûlait sa dernière sorcière » compte rendu de L’Ombre du diable, de Michel Porret : https://www.unige.ch/campus/files/1714/7246/8198/campus98_recherche2_Sorciere.pdf (consulté le 19.04.2020)
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PORRET, Michel, « Le cas genevois et le procès de Michée Chauderon », RTS : https://www.rts.ch/decouverte/dossiers/2010/sorcellerie/2630720-le-cas-genevois-et-le-proces-de-michee-chauderon.html (consulté le 19.04.2020)
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« Pourquoi les sorcières sont-elles de retour ? », Usbek & Rica : https://usbeketrica.com/article/pourquoi-les-sorcieres-sont-elles-de-retour (consulté le 19.04.2020)
Vignette : http://www.chouette-noire.com/sorcellerie/Sabbat.htm