Save the planet kill yourself

Retournons quelques années en arrière…En 1972, le Club de Rome publie son premier rapport The Limits to Growth. A l’époque, c’est une vraie bombe médiatique. Aussi appelé Rapport Meadows, ce texte rédigé par une équipe du MIT souligne pour la première fois les effets de la croissance économique et démographique. Sans nier les apports de la technologie, les experts ayant contribué au rapport soulignent toutefois que le progrès technologique ne pourra que retarder les effets néfastes d’une population toujours plus grande et d’une croissance exponentielle : pollution, pénurie des ressources naturelles, diminution des rendements agricoles.

De nombreux groupes se prônant de la théorie de la deep ecology ou de l’écologie profonde émergent quelques années plus tard. Ces défenseurs mettent la planète au premier plan. Le point commun entre ces différentes mouvances de la deep ecology ? La multiplication des humains est un danger pour notre planète! Attardons-nous sur les principaux groupes.

L’organisation Zero Population Growth est fondée aux Etats-Unis quatre ans avant la publication du rapport et deviendra Population Connection par la suite. Elle désire stabiliser la population mondiale. En effet, selon ses partisans, l’augmentation de la population mondiale menacerait la protection de la planète. De plus, cette augmentation de la population ralentirait le renforcement d’une justice sociale. Enfin, ils souhaitent défendre les droits des femmes en leur permettant de repousser une grossesse ou d’arrêter de concevoir des enfants. L’association constate l’échec de l’abstinence et se déclare en faveur du planning familial. Ce n’est pas sans nous rappeler une certaine association…

Le mouvement international Earth First est fondé en 1979 en réaction à une communauté internationale perçue comme inapte à résoudre les problèmes environnementaux.  La Terre est en danger à cause des activités humaines et les adhérents d’horizons divers (du végétalien au partisan d’une viande provenant uniquement de sa propre chasse) prônent le bio-centrisme : la Terre avant tout !

Suivra le mouvement pour une extinction volontaire des humains (Voluntary Human Extinction Movement, VHEMT), fondé en 1991, qui encourage à s’abstenir de se reproduire pour arriver à une extinction de l’humanité afin d’éviter la dégradation de l’environnement. Selon eux, les dangers que court la planète sont dus à la surpopulation. Les humains ne sont pas capables d’avoir un mode de vie soutenable et ils menacent les autres espèces. Ils s’opposent cependant aux programmes de contrôle de la population humaine.

Le mouvement GINK (Green Inclinations, No Kids) apparaît en 1969.
Les partisanes sont conscientes de ce qu’elles n’auront jamais – un enfant –, mais elles mettent en balance les aspects positifs qui ressortent de leur choix. En effet, parmi les conséquences de leur choix elles avancent le coût des enfants, leur impact sur la vie de couple ou encore la carrière. Mais surtout elles mettent en avant les avantages écologiques d’un tel choix. Pour elles, il est possible de réduire son impact de différentes manières mais renoncer à un enfant est la plus efficace. Surtout lorsque se sont des « white, middle-classe, american » dont l’empreinte écologique est une des plus élevée. Selon certains auteurs, avoir un enfant augmenterait son emprunte écologique par six.

Ainsi, cette initiative s’inscrit dans une mouvance internationale et déjà vieille d’une quarantaine d’années. L’association Ecopop fut fondée en 1986. Tout comme les associations précitées elle soutient qu’un nombre trop important d’êtres humains est un danger pour la planète. Selon ses partisans, l’empreinte écologique de la Suisse est trop importante. Contrairement au parti Vert suisse, les partisans d’Ecopop ont une vision centrée sur le « nombre d’êtres humains». Ils prônent une vision de l’écologie plus radicale, moins sociale mais aussi pourrait-on dire idéaliste que celle prônée par les écologistes suisses. En effet, ces derniers exhortent à une responsabilisation à travers une consommation par personne moindre plutôt qu’une diminution du nombre global de personnes qui consomment.

Si cette initiative venait à passer elle aurait un impact sur nos relations avec l’UE mettant la Suisse dans une situation plus instable qu’elle ne l’est actuellement. Elle aurait aussi sûrement un impact sur l’économie et l’on pourrait rallonger la liste des conséquences néfastes. Mais, cette initiative a le mérite de remettre un sujet désagréable sur la table. Ne sommes-nous pas égoïstes ? Il ne s’agit pas seulement d’avoir moins d’individus mais moins d’individus qui consomment moins. Est-il plus simple de demander aux pays dont l’empreinte écologique est plus faible de faire un effort afin que nous puissions nous contenter de limiter notre consommation évitant ainsi de remettre véritablement notre modèle en cause ? Notre écolo citadin prend le bus pour s’envoler  direction New York  et mange son quinoa bio péruvien…De toutes manières, la technologie nous aidera. On y croit

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