Maylis Lavau Malfroy, porte-parole de Nouvelle Donne et candidate sur la liste Envie d’Europe (source : twitter)

Le 26 mai au soir, nous connaîtrons les noms des 79 eurodéputé(e)s français(e)s, 5 ne siégeront pas en attendant le Brexit. Pour avoir des élus, il faut dépasser les 5 pourcents. Pour obtenir le meilleur résultat possible, le Parti Socialiste s’est allié à 2 jeunes partis : Place Publique, dont est issue la tête de liste Raphael Glucksmann (un philosophe), et Nouvelle Donne, déjà candidat en solitaire en 2014. Maylis Lavau Malfroy est candidate Nouvelle Donne sur cette liste d’union et nous lui avons donné la parole.

1) Pouvez-vous vous présenter et présenter votre parti ?

Je suis Maylis Lavau Malfroy, porte-parole de Nouvelle Donne et candidate sur la liste Envie d’Europe. J’ai 23 ans et je suis étudiante en communication à Bordeaux.

Nouvelle Donne est un mouvement politique citoyen fondé en 2013 et inspiré du New Deal de Roosevelt. Nous proposons des solutions pragmatiques, ancrées dans le réel et basées sur des valeurs essentielles telles que le progrès et la justice sociale, le respect des hommes et de leur environnement, la capacité donnée à chacun d’être acteur de son quotidien. La participation de nos adhérents est la clé de voûte de notre parti : ce sont eux qui élaborent le programme et qui proposent des actions de terrains.

Pour les élections européennes, nous avons formé une liste d’union de la gauche avec le mouvement Place Publique et le Parti socialiste : la liste Envie d’Europe.

 2) En Suisse, en France et dans de nombreux autres pays les jeunes manifestent pour le climat. Quelles réponses, notamment au niveau européen, avez-vous à apporter à cette mobilisation ?

Nous avons une proposition très concrète pour répondre à l’urgence climatique sur le plan européen : le Pacte-Finance Climat. Ce Pacte, porté par Pierre Larrouturou et Jean Jouzel, propose de mettre la création monétaire au service de la transition écologique et non au service de la spéculation. Nous voulons créer une filiale de la Banque Européenne d’Investissement qui soit dédiée aux questions environnementales. Accompagnée d’un impôt européen sur les bénéfices des grosses entreprises (au passage, qui sont aussi les plus polluantes) fléché entièrement vers les actions environnementales, cette mesure permet un véritable financement de la transition écologique, socialement et fiscalement juste.

Personnellement, je suis très fière de cette jeunesse : puisque nous ne pouvons plus faire confiance à ceux qui ont sacrifié le futur de toute une génération pour leur intérêt immédiat, les jeunes ont décidé de reprendre leur avenir en main et de s’opposer au diktat de l’argent au détriment de la planète.

3) De manière générale quelle est votre opinion et votre projet à propos de l’Union Européenne et de ses institutions ?

L’Europe libérale a mené à des dérives dont nous subissons aujourd’hui les conséquences. La plupart des traités ont été conçus uniquement dans le cadre du commerce international et des intérêts financiers, sans se préoccuper des retombées sociales et environnementales.

Mais cette union est une véritable opportunité qui a aussi su apporter paix, coopération et ouverture, dans un esprit d’unité unique au monde : l’UE est une opportunité sans égale de s’épanouir collectivement et de travailler ensemble pour un meilleur futur.

Nous pensons que l’Union Européenne doit non seulement être maintenue, mais aussi renforcée pour être un véritable levier partagé entre les États-membres, pas uniquement sur les questions budgétaires et commerciales, mais aussi et surtout sur une convergence sociale et fiscale qui cherchera enfin à améliorer la vie des européens.

4) Comment envisagez-vous les relations entre l’Union Européenne et les pays non-membres comme la Suisse ?

L’UE n’est pas une secte, ni un club privé : il n’est pas question de nous replier sur nous-même sous prétexte que certains appartiennent à l’UE et d’autres non ! Il est évident que nous devons maintenir ces coopérations avec les états non-membres, mais aussi en chercher davantage. L’exemple des relations avec la Suisse prouve qu’il est non seulement possible, mais aussi efficace de travailler avec des Etats-non membres : en respectant la volonté d’indépendance des citoyens Suisses, la coopération reste ouverte dans les domaines fonctionnels et diplomatiques. Avec leur accord, nous sommes prêts à renforcer encore notre coopération dans les domaines économiques et de la protection de l’environnement.

Si l’Europe est la première puissance économique au monde, c’est parce qu’elle est diversifiée et qu’elle regroupe beaucoup de pays. Il est impératif que nous travaillions avec d’autres pays hors-UE, notamment sur des questions critiques comme les déplacements de population et la lutte contre le changement climatique.

5) Le projet européen se manifeste notamment par Erasmus, que peut faire l’UE de mieux et de plus sur les questions d’éducation et de jeunesse ?

Il y a un certain rejet de l’UE chez les jeunes. Nous croyons fermement qu’une des raisons de ce désintérêt tient du fait que si l’on enseigne les valeurs de la république à l’école, l’on n’enseigne pas ni l’Histoire de l’Union ni la citoyenneté de l’Europe. Il est impératif de redonner ce goût de l’Europe à la jeunesse, et cela passe par des mesures concrètes.

Il faut évidemment étendre le programme Erasmus, + qui est une réussite incontestée, à tous les jeunes, et pas uniquement à ceux qui font des études supérieures. Aujourd’hui, seuls 3 à 4% des jeunes européens en profitent : il faut l’élargir aux jeunes des filières courtes (BTS, apprentissages, CAP…) mais aussi à ceux qui travaillent. Nous proposons donc de doter chaque jeune européen d’une bourse de 5 000€ pour tout projet à l’étranger, qu’il soit universitaire, de formation ou professionnel.

Nous voulons que tous les jeunes européens aient confiance en l’Europe et se sentent citoyens européens à part entière : un projet commun, transnational, qui profite à tous est le meilleur moyen de réveiller ce sentiment d’appartenance à l’Europe.

6) Les élections européennes se tiendront bien évidemment en France mais aussi dans l’ensemble des pays membres, avez-vous des alliés dans d’autres pays ?

Notre liste est composée de Nouvelle Donne mais aussi de Place Publique, du Parti Radical de Gauche et, bien sûr, du Parti socialiste. Évidemment, leurs alliés sont nos alliés, et nous travaillerons ensemble au Parlement Européen. La victoire de Pedro Sanchez en Espagne et la montée en popularité de Paul Magnette en Belgique laisse présager que nous serons rejoints par de nombreux alliés à Bruxelles.

Mais ce que nous recherchons avant tout, c’est l’élargissement : nous discuterons donc avec tous les partis qui ont une société écologique et sociale au Parlement Européen pour mener des projets communs. Il est important de montrer que la gauche européenne est bien présente et qu’elle sait faire converger les luttes dans l’intérêts des citoyens européens.

7) Quels sont les thèmes et les propositions que vous allez porter dans la campagne et une fois élu(e) ?

Notre liste est composée de combattants : pour le climat, la biodiversité, la justice sociale, les droits humains, la lutte contre les lobbies… Chacun d’entre eux représente une force vitale pour la démocratie et l’Europe. Chaque thème défendu par ces combattants doit être porté au Parlement Européen pour répondre aux urgences auxquelles fait face le continent.

Nos priorités sont la transition écologique, la lutte contre les injustices sociales et fiscales, et la défense de la démocratie en Europe.

8) Et pour finir, en quelques mots, dites-nous pourquoi les français(es) devraient voter pour vous et votre liste ?

Nous sommes la seule liste qui propose réellement d’allier le social à l’écologie. Toutes nos propositions sont pensées pour répondre à la fois à la crise sociale que traverse l’Europe et à la crise environnementale qui concerne le monde. Nous avons conscience que la fin du libéralisme doit se faire pour permettre de créer une société plus juste et plus durable : le productivisme et la finance n’ont plus leur place dans une société au bord de la rupture. LREM (n.d.l.r. La République en Marche) veut faire croire qu’il est le seul rempart face à l’extrême droite et explique au Français qu’il n’y a d’autre choix que le libéralisme ou le nationalisme : il existe une alternative réelle, celle de la gauche sociale et écologiste. Tandis que d’autres partis font preuve d’une irresponsabilité scandaleuse à refuser l’union dans une gauche plus divisée que jamais, la liste Envie d’Europe est la seule qui a choisi d’unir plusieurs partis de gauche pour porter des combats communs.

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