Grégoire Verrière, coordinateur national des Jeunes Génération.s et candidat sur la liste Generation.s (source : twitter)

Le 26 mai au soir, nous connaîtrons les noms des 79 eurodéputé(e)s français(e)s, 5 ne siégeront pas en attendant le Brexit. Pour avoir des élus, il faut dépasser les 5 pourcents. Est-ce que Generation.s, une scission du Parti Socialiste emmenée par leur ancien candidat aux présidentielles Benoit Hamon (et tête de liste aux européennes), réussira son pari ? Et pourquoi se présentent-ils ? Grégoire Verrière, 41e sur la liste, nous en dit plus.

1) Pouvez-vous vous présenter et présenter votre parti ?

Je m’appelle Grégoire Verrière, j’ai 25 ans, je suis chargé de mission dans une collectivité territoriale et apiculteur et je vis en Auvergne dans le centre de la France. Je veux faire de l’Europe un outil au service de la revitalisation des territoires ruraux et d’une agriculture paysanne. Passionné par les questions agricoles, militant écologiste, je m’investis au quotidien dans des projets associatifs ayant pour objectifs de retisser les solidarités, de protéger la biodiversité et d’impacter positivement l’attractivité des territoires ruraux. Je suis également Coordinateur national des Jeunes Génération.s, l’organisation de jeunesse du Mouvement Génération.s. Génération.s est un jeune mouvement politique co-fondé par Benoit Hamon. Sincèrement de gauche, écologiste, humaniste, féministe, Génération.s propose et défend une politique qui s’inscrit dans la durée, capable de relever les grands défis auxquels notre humanité est confrontée tels que la mutation du travail, le péril climatique ou en encore l’urgence sociale. Pour ces élections européennes, nous faisons liste commune avec DiEM25 (n.d.l.r. Democracy in Europe Movement 2025) dans le cadre du Printemps Européen (Parti transnational). La voie que trace Génération.s avec DiEM 25 et tous ses partenaires de la liste transnationale du Printemps européen est celle de la solidarité entre les pays, les régions et les citoyens. C’est la voie de la responsabilité écologique et la voie de la démocratie pour le siècle qui vient. Nous voulons mettre le projet européen là où il aurait toujours dû se trouver : entre les mains du peuple européen, afin que ce dernier puisse, enfin, s’inventer.

2) En Suisse, en France et dans de nombreux autres pays les jeunes manifestent pour le climat. Quelles réponses, notamment au niveau européen, avez-vous à apporter à cette mobilisation ?

Partout en Europe et dans le monde, la jeunesse se lève, marche, milite pour un monde post carbone. Force est de constater que, les gouvernements libéraux s’enlisant dans l’immobilisme climatique, les jeunes européens décident de reprendre la main sur leur avenir. En portant des messages politiques qui visent à critiquer un modèle économique basé sur la croissance et l’exploitation, la jeunesse fait preuve d’une grande maturité dont devraient s’inspirer nos aînés. Depuis le début des mobilisations, les Jeunes Génération.s se sont engagées aux côtés des autres organisations et collectifs et continueront à le faire tant que justice climatique ne sera pas faite. Pour briser le carcan de la croissance à tout prix qui sacrifie l’environnement et les humains, nous voulons le “Green New Deal”, un plan d’investissement public massif pour redonner du pouvoir d’achat et créer de nouveaux emplois : un toit pour chacun, une énergie moins polluante et moins chère, un air moins pollué, des services publics pour les transports et la gestion de l’eau, un plan d’urgence pour préserver la biodiversité. C’est ainsi que nous gagnerons la bataille du dérèglement climatique et de la justice sociale.

3) De manière générale quelle est votre opinion et votre projet à propos de l’Union Européenne et de ses institutions ?

L’Union Européenne est aujourd’hui prisonnière du carcan de l’austérité et de la compétition à tout prix. Pour briser le carcan de l’ultra-libéralisme qui nourrit les nationalismes, nous voulons refaire de l’Europe un espace de liberté et de partage. L’Europe peut nous protéger à l’heure où les géants du numérique menacent notre vie privée, où les multinationales piétinent le droit commun, où les lobbies d’intérêts privés décident plus souvent que les gens, où les gouvernements attaquent nos libertés fondamentales de la presse, de manifester sans risque quand on n’est pas d’accord, de disposer de son corps quand on est une femme.  Nous souhaitons organiser le lobby citoyen (ONG, Syndicats, citoyen.nes tiré.es au sort…) pour contrôler l ‘action de l’Europe. Le « lobby citoyen » est force de propositions pour faire entendre la voix des Européens sur l’Union européenne auprès de nos député.es. Nous lui donnerons les prérogatives et les moyens d’informer, de mobiliser et de contrôler les institutions européennes. Ce lobby citoyen sera le meilleur moyen de redonner du sens à l’institution européenne aujourd’hui gouvernée par des technocrates hors sols.

4) Comment envisagez-vous les relations entre l’Union Européenne et les pays non-membres comme la Suisse ?

Internationalistes, nous considérons la coopération entre les peuples et les nations comme primordiale afin de mettre en œuvre une transition sociale et écologique la plus large possible. La Suisse est une nation amie avec laquelle notamment nous devrons coopérer pour lutter contre l’évasion et la fraude fiscale. Il y a également en Suisse des outils démocratiques intéressants dont nous devons nous inspirer pour répondre à la nécessaire revitalisation de notre démocratie.

5) Le projet européen se manifeste notamment par Erasmus, que peut faire l’UE de mieux et de plus sur les questions d’éducation et de jeunesse ?

Erasmus est un dispositif intéressant mais qui ne va pas assez loin. Réservé aux cursus universitaires, trop peu connu, bon nombre de jeunes européens n’y ont pas accès. Pour y remédier, nous souhaitons mettre en place une bourse pour une mobilité et un engagement populaire. Cette bourse sera proposée automatiquement entre 18 et 25 ans, qu’on soit étudiant, apprenti ou jeune travailleur, pour une année d’étude dans un pays européen ou un service civique bien rémunéré dans une association. Cette mesure permettra de rendre les dispositifs plus accessibles et de donner une expérience internationale, valorisante d’un point de vue de l’employabilité. Ce sera une véritable arme face aux déterminismes sociaux et elle contribuera à créer du lien entre jeunes européens, de la mixité sociale et à s’ouvrir aux autres cultures.

Autre sujet sur lequel nous travaillons depuis longtemps, c’est la question de l’ubérisation du travail qui touche en premier lieu la jeunesse. Les plateformes dites ubérisées profitent d’un vide juridique et nuisent aux conditions de travail. Les travailleurs ubérisés, par la mise en place d’une convention collective européenne doivent profiter des mêmes protections que les salariés, obtenir des garanties sur leur rémunération et accéder à une couverture sociale. Une fois élus au Parlement, nos députés défendront un bouclier européen pour les travailleurs indépendants.

6) Les élections européennes se tiendront bien évidemment en France mais aussi dans l’ensemble des pays membres, avez-vous des alliés dans d’autres pays ?

Le Printemps Européen est la bannière commune de la gauche et des écologistes en Europe. Avec d’autres mouvements, nous partageons les mêmes ambitions, les mêmes engagements. Parmi les partenaires que nous pouvons compter au sein du Printemps Européen, il y a Diem25, parti fondé par Yannis Varoufakis, ancien ministre grec, figure de la lutte contre l’austérité qui est notre candidat à la présidence de la commission. Nous pouvons compter également sur Razem en Pologne, Alternativet au Danemark, Livre au Portugal, MeRA25 en Grèce, Demokratie in Europa en Allemagne et Possibile en Italie.

 7) Quels sont les thèmes et les propositions que vous allez porter dans la campagne et une fois élu(e) ?

L’Europe a besoin d’être libérée du carcan de l’austérité imposé par les libéraux et de celui du nationalisme nourri par l’extrême droite. C’est à cette condition que nous parviendrons à transformer l’Europe et à en faire la garante de la justice sociale et le pilier de la transition écologique. Libérons les peuples des pollueurs et prédateurs pour un droit à se nourrir sainement, à respirer un air pur, à préserver durablement nos ressources. Libérons la démocratie des groupes de pression pour que nos décisions ne soient plus prises en fonction des seuls intérêts économiques d’une minorité. Libérons la société du modèle économique archaïque, libéral et inégalitaire. Libérons les citoyens des discriminations, du racisme et des entraves à la liberté.

8) Et pour finir, en quelques mots, dites-nous pourquoi les français(es) devraient voter pour vous et votre liste ?

Voter lors de ces élections européennes, c’est se donner la possibilité de reprendre la main sur cette institution afin d’en faire un outil politique au service des peuples et non des intérêts privés. Les lobbies industriels et financiers ne dépenseraient pas autant d’énergie et d’argent pour influencer les politiques européennes, si l’UE ne servait à rien. Au contraire, elle est un centre de pouvoir qu’il nous faut reconquérir. Voter Génération.s, liste du Printemps Européen portée par Benoit Hamon, c’est s’assurer de glisser un bulletin en faveur de la gauche et de l’écologie, en faveur de l’humanisme et du féminisme. Nous sommes une gauche de conquêtes qui affirme vouloir accueillir dignement les personnes migrantes, instaurer une société post croissance, éradiquer les violences sexistes et remettre le citoyen au cœur du fonctionnement de l’Union européenn

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