Corentin Dattin, étudiant et candidat pour la liste Allons Enfants (source : Twitter)

Le 26 mai au soir, nous connaîtrons les noms des 79 eurodéputé(e)s français(e)s, 5 ne siégeront pas en attendant le Brexit. Pour avoir des élus, il est nécessaire de dépasser la barre des 5 pourcents. Allons Enfants se présente comme le parti de la jeunesse et du renouvellement générationnel. Corentin Dattin est à la 6e place de la liste menée par Sophie Caillaud. Il nous explique sa démarche.

1) Pouvez-vous vous présenter et présenter votre parti ?

Je m’appelle Corentin Dattin, j’ai 22 ans. Je suis étudiant en L3 de droit et science politique à l’ICP. Je suis originaire de l’île de Noirmoutier, je vis à Paris depuis 4 ans pour mes études. Je suis candidat aux élections européennes sur la liste Allons Enfants et responsable communication du parti. Allons Enfants compte près de 3000 adhérents. C’est un parti qui est né très récemment, en 2014. Depuis son origine Allons Enfants souhaite promouvoir la représentation de la jeunesse en politique afin de croiser les regards avec les générations au-dessus. Allons Enfants est profondément européen et écologiste. Nous voulons également accroître la démocratie participative, permettre à chacun de s’exprimer particulièrement à l’échelle locale afin que le citoyen retrouve la place qu’il a petit à petit perdu, à savoir acteur de la « cité » au sens politique. Si nous nous présentons aux européennes c’est pour montrer notre attachement à l’Union. Nous avons tous moins de 30 ans, nous avons tous à cœur de défendre des thématiques qui nous sont chères telles que l’environnement, l’égalité femmes/hommes, la réforme des institutions de l’UE ou l’accès à une protection sociale européenne. Notre dynamisme, notre fraîcheur sont clairement nos points forts dans cette campagne. Néanmoins, face au grand nombre de listes qui se présentent, au manque de temps de parole dont nous bénéficions et notre faible budget nous nous faisons peu d’illusions quant à nos chances d’atteindre les 5%.

2) En Suisse, en France et dans de nombreux autres pays les jeunes manifestent pour le climat. Quelles réponses, notamment au niveau européen, avez-vous à apporter à cette mobilisation ?

Nous avons pris part à ces manifestations pour le climat. Nous y sommes particulièrement sensibles. C’est bien pour cela que nous souhaitons intégrer les institutions politiques ! Nous croyons à la force du politique pour insuffler un changement : nous proposons de faire rentrer une nouvelle génération d’élus, davantage consciente de l’urgence absolue concernant la préservation de l’environnement, afin que le politique, enfin, joue le rôle qu’il a à jouer.

3) De manière générale quelle est votre opinion et votre projet à propos de l’Union Européenne et de ses institutions ?

Notre conception de l’UE est qu’elle est une formidable chance de paix durable, de coopération économique, politique, sociale et humaine. Mais nous ne sommes pas dupes quant au fait qu’elle est en crise. Le grand problème de l’Union n’est pas l’Union en tant que telle mais celles et ceux qui la composent et qui en ont fait un système technocratique déraciné du citoyen européen. Faire entrer au Parlement européen une nouvelle génération de députés, c’est donner à l’Union un nouveau souffle, une nouvelle vision, davantage solidaire, durable, et qui fait un avec ses citoyens. Nous voulons que les citoyens de chaque pays membre de l’UE retrouvent le sentiment d’appartenance à l’Union. Sans cela, l’Europe s’enfoncera un peu plus dans sa crise, chose que nous redoutons.

 4) Comment envisagez-vous les relations entre l’Union Européenne et les pays non-membres comme la Suisse ?

Nous défendons évidemment une relation pacifiée, une coopération dans les domaines les plus larges possibles. Un pays tel que la Suisse n’a, certes, pas fait le choix de rentrer dans l’Union. Cela n’est pas une raison pour ne pas en faire un partenaire extérieur de l’Union.

5) Le projet européen se manifeste notamment par Erasmus, que peut faire l’UE de mieux et de plus sur les questions d’éducation et de jeunesse et en particulier sur l’Université ?

Je parlais tout à l’heure du sentiment d’appartenance à l’Union : je crois que c’est l’un des grands échecs de l’Union de ces dernières années. Les jeunes n’ont que trop peu conscience de ce que représente l’Europe dans leur quotidien. Notre génération n’a que trop peu de connaissances sur le fonctionnement de l’Union, sur ses institutions, sur ses prérogatives. L’Europe a failli dans ce domaine-là. Nous proposons de renouer avec ce sentiment d’appartenance à l’Union. L’université est un formidable lieu d’épanouissement personnel. L’université permet de faire des rencontres, d’échanger, de débattre, de mûrir. Il faut préserver cela impérativement. Nous regrettons vraiment la décision du président Macron d’accroître le coût de l’université pour les étudiants étrangers hors UE : désormais seules les familles étrangères très aisées pourront se permettre d’offrir l’université française à leurs enfants. C’est extrêmement regrettable, l’université va perdre de son côté universel, cosmopolite qui fait sa force.

6) Les élections européennes se tiendront bien évidemment en France mais aussi dans l’ensemble des pays membres, avez-vous des alliés dans d’autres pays ?

Allons Enfants est un parti implanté uniquement en France, nous n’avons pas encore de partenaires dans le reste de l’Europe.

 7) Vous êtes un parti de jeunes pour les jeunes mais pourquoi ?

Un parti de jeunes, par des jeunes, pour tout le monde ! C’est très important de comprendre qu’Allons Enfants ne fait en aucun cas du « jeunisme ». Bien au contraire. Nous ne sommes pas « anti-vieux » sous prétexte que nous défendons la représentation de la jeunesse. L’action publique a autant besoin des générations plus âgées que des plus jeunes. Pourtant aujourd’hui, ces dernières sont sous-représentées alors même que ce sont elles qui vont subir les décisions votées aujourd’hui. Notre programme pour les européennes s’adresse à tout le monde, sans distinction.

8) Et pour finir, en quelques mots, dites-nous pourquoi les français(es) devraient voter pour vous et votre liste ?

Les jeunes français•es devraient voter Allons Enfants parce que nous croyons à l’importance de l’Union européenne pour notre futur. La jeunesse doit se tourner de nouveau vers la construction européenne. Voter Allons Enfants c’est faire le choix d’une Europe solidaire, durable. C’est faire le choix de député•e•s réellement engagé•e•s dans le projet européen. C’est faire le choix de jeunes qui ont la hargne, qui sont surmotivés pour faire avancer l’Europe sur les questions d’environnement et de démocratie participative. Voter Allons Enfants c’est faire le choix de la rupture avec 30 ans de députés européens français planqués à Bruxelles pour enfin avoir des élus engagés, déterminés.

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