Charles-Henri Gallois, responsable « Economie » pour l’Union Populaire Républicaine et candidat pour ce même parti (source : Journal du Centre)

Le 26 mai au soir, nous connaîtrons les noms des 79 eurodéputé(e)s français(e)s, 5 ne siégeront pas en attendant le Brexit. Pour avoir des élus, il est nécessaire de dépasser la barre des 5 pourcents. L’Union Populaire Républicaine, un parti mené par l’ancien candidat aux présidentielles 2017 François Asselineau, présente une liste. Avec quel projet ? Le 5ème sur la liste, Charles-Henri Gallois, nous en dit plus.

1) Pouvez-vous vous présenter et présenter votre parti ?

Je m’appelle Charles-Henri Gallois. J’ai 30 ans. Je suis responsable national de l’UPR pour l’Économie et je figurerai sur la liste Ensemble pour le Frexit de l’UPR pour ces élections européennes. L’Union populaire républicaine (UPR) est un mouvement politique qui a été créé il y a maintenant plus de 12 ans, en 2007, pour appeler tous les Français à se libérer de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN par le Frexit. Par la diversité d’origine, d’âge, de formation, et de profession de ses responsables et de ses militants, l’UPR n’est pas un parti d’ignorants ou de nostalgiques. C’est au contraire un parti né au XXIème siècle, tout à fait à l’aise avec les technologies de son temps, extrêmement attentif à ce qui se passe ailleurs dans le monde, parfaitement conscient de la complexité des problèmes internationaux, du poids des contraintes économiques, de l’évolution générale du monde et des mentalités, ainsi que de la tradition pluriséculaire d’ouverture et de rayonnement de notre pays. L’Union Populaire Républicaine se distingue de tous les mouvements politiques existants sur deux points essentiels : d’une part sur l’analyse de la situation de la France, d’autre part sur les moyens de sortir notre pays de la grave crise politique, économique, sociale et morale dans laquelle il ne cesse de s‘enfoncer. Si elle n’est certes pas la cause unique de tous les problèmes de notre pays, la construction européenne n’en est pas moins leur cause principale. Loin d’être leur solution comme on nous somme de le croire depuis un demi-siècle, la construction européenne en est au contraire l’origine. Car elle place les Français sous une tutelle étrangère, qui vide de sens leurs choix démocratiques, verrouille indûment leur avenir, fixe arbitrairement le champ de leurs intérêts, et les plonge indéfiniment et sans raison dans le mépris d’eux-mêmes et une certaine forme de désespoir.

2) En Suisse, en France et dans de nombreux autres pays les jeunes manifestent pour le climat. Quelles réponses, notamment au niveau européen, avez-vous à apporter à cette mobilisation ?

L’écologie sera sans doute un des grands combats du XXIème siècle. Le problème étant justement que l’UE est anti-écologique, que ce soit dans ses traités qui ne peuvent être modifiés ou de par les décisions qui se prennent à une majorité d’États membres. Je rappelle que l’article 32 du TFUE (n.d.l.r. Traité sur le Fonctionnement de l’Union européenne) impose le libre-échange total et la mondialisation folle. C’est d’ailleurs un commissaire non élu qui est seul habilité pour toutes les négociations commerciales ! L’article 63 du TFUE dispose que « les restrictions aux mouvements de capitaux sont interdites ». Il permet les délocalisations et l’évasion fiscale. L’UE a autorisé et voté le CETA (accord de libre-échange avec le Canada où seuls les parlementaires européens de 5 pays dont la France avaient voté contre, les 23 autres pour) ! L’UE a autorisé les accords de libre-échange avec le Mercosur, le Japon (JEFTA) ! L’UE ouvre même les négociations au TAFTA (La France était la seule à s’opposer) ! La position française est à chaque fois en minorité car les 28 n’ont pas les mêmes intérêts. Or produire à l’autre bout du monde, des produits que l’on peut produire localement est l’une des grandes sources d’émission de gaz à effet de serre et une folie écologique ! L’article 39 dit que le premier objectif de la politique agricole est « d’accroître la productivité de l’agriculture ». Il impose l’ultra-productivisme agricole, ce qui conduit aux fermes-usines, au gigantisme agricole, à la surpêche (ferme des mille vaches et la ferme des dix-sept mille cochons). C’est aussi la mort de l’agriculture familiale. L’article 106 du TFUE casse les services publics (la notion de service public n’existe pas en tant que telle dans le droit européen), y compris le service public ferroviaire et le service public de l’énergie, pourtant tous deux indispensables à un virage écologique. En ce moment même, au nom de la concurrence on impose la privatisation des barrages hydroélectrique. Je rappelle que l’UE a imposé la prolongation de l’utilisation du glyphosate en décembre 2017 ! 4 pays seulement dont la France ont voté contre, 1 s’est abstenu et 23 pour la prolongation. L’UE a aussi réintroduit les farines animales (pourtant à l’origine de la vache folle) en juin 2013 (3 États seulement s’y étaient opposés dont la France). Le mythe de l’échelle européenne nécessaire à la transition énergétique et écologique est donc total. C’est un renoncement ! En réalité, c’est le contraire qui est vrai, l’UE est un frein à la transition écologique et énergétique ! Vous faites bien de prendre l’exemple suisse. C’est un petit pays, 8.5 m d’habitants et 16 fois plus petit en superficie que la France. C’est le numéro 1 ou numéro 2 mondial de la transition énergétique et écologique. Entre écologie et UE, il faut choisir ! En se libérant de l’UE et de l’euro, la France pourra justement donner l’exemple, ce qui entraînera d’autres pays derrière elle.

3) De manière générale quelle est votre opinion et votre projet à propos de l’Union Européenne et de ses institutions ?

Au bout de 60 ans de « construction européenne », on aboutit à une désunion grandissante des États. Aujourd’hui, tous les peuples européens sont unanimes : l’Union européenne ne satisfait personne. Déjà en 2005, les Français l’avaient clairement dit, pourtant leur vote n’a pas été respecté. Tout le monde se rend compte que l’entente est impossible entre 28 pays et peuples aux intérêts divergents. Persévérer dans cette impasse c’est sortir de l’histoire et s’isoler du monde. Pour nous, l’Union européenne n’est pas et ne peut être une démocratie. Vous pouvez le fantasmer, vous pouvez le rêver mais il n’existe pas de peuple européen. On fait de la politique sur des réalités, pas sur des fantasmes. C’est d’ailleurs pour cela qu’il ne peut pas y avoir de démocratie européenne puisqu’il n’y a pas de peuple européen. Tout transfert de souveraineté à l’UE est donc une perte directe de démocratie. Quand on parle de Frexit, on peut parler de nombreux avantages, entre autres économiques, mais fondamentalement, c’est avant tout une question de démocratie. Voulez-vous reprendre votre destin en main ? Entre l’UE et la démocratie, il faut choisir ! Il faut aussi noter qu’elle n’est pas non plus réformable puisqu’il faut l’unanimité des 28 États membres pour changer une virgule des traités (article 48 du TFUE). Cela montre le mensonge éhonté de tous ceux qui vous promettent une autre Europe depuis 40 ans. L’Europe fiscale ? L’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, Malte et Chypre la refusent, puisque la faible fiscalité est le socle de leur économie. L’Europe sociale ? L’Allemagne, l’Autriche et les pays de l’Est ne renonceront jamais à leur politique libérale. L’Europe des travailleurs ? Les délocalisations et le travail détaché créent de l’emploi à l’Est et cela sert l’Allemagne dans son intégration industrielle ! Nein ! L’Europe de la Défense ? Tous les pays sauf la France dépendent de l’OTAN pour leur sécurité et les traités nous placent sous la tutelle de l’OTAN. L’Europe écologique ? Les traités européens imposent le libre-échange et le productivisme à outrance sur lesquels l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande, les Pays-Bas ou les pays de l’Est ne voudront jamais revenir. La seule solution raisonnable et applicable c’est donc le Frexit, c’est-à-dire se libérer de l’UE et de l’euro.

4) Comment envisagez-vous les relations entre l’Union Européenne et les pays non-membres comme la Suisse ?

Nous sommes contre l’Union européenne mais nous aimons les autres pays européens ou les autres pays du monde. Nous sommes farouchement en faveur des coopérations internationales. Se libérer de l’UE et de l’euro, ne veut pas dire s’isoler du monde ! La Suisse, la Norvège et l’Islande sont des pays indépendants et très ouverts sur le monde. La France restera liée aux autres pays du monde par 6 686 traités bilatéraux et multilatéraux. Nous ferons comme tous les pays du monde des accords sur tel ou tel secteur, avec des pays européens ou non, en fonction de nos intérêts. Un pays comme la Suisse l’a justement bien compris. Il est complètement absurde, ringard, inefficace et rétrograde de se limiter au seul périmètre européen et de se contraindre à appliquer la même politique à 28 pays tout aussi différents. Un pays indépendant sera bien plus flexible et à même de défendre ses intérêts au XXIème siècle. Le modèle supranational de l’UE et de l’euro qui est un fiasco à tous les niveaux (notamment croissance et chômage) n’est imité nulle part ailleurs dans le monde. Cela n’empêche pas les coopérations internationales comme Airbus ou Ariane qui n’ont rien à voir avec la construction européenne (contrairement au mensonge affirmé par les européistes) et comptent d’ailleurs des pays qui ne sont pas européens.

5) Le projet européen se manifeste notamment par Erasmus, que peut faire l’UE de mieux et de plus sur les questions d’éducation et de jeunesse ?

J’en reviens à la coopération internationale. Erasmus finalement qu’est-ce que c’est ? Pour résumer, c’est une bourse pour un programme d’échange d’étudiants. Je note deux choses :  On n’a pas attendu l’UE pour avoir des échanges universitaires et pas uniquement sur le périmètre européen mais mondial. Ce programme de bourse ne se limite pas au périmètre de l’UE puisque la Suisse, la Norvège ou l’Islande y participent. Erasmus fonctionne donc sur le modèle de la coopération internationale et pourra continuer lorsque l’on sera libéré de l’UE. J’ajoute que nous voulons ouvrir les Français sur le monde et en particulier sur la francophonie. C’est pourquoi nous voulons développer un programme de bourse pour créer un Erasmus de la Francophonie. Nous voulons aussi créer plus d’échanges entre la France métropolitaine et les DOM-TOM.

6) Les élections européennes se tiendront bien évidemment en France mais aussi dans l’ensemble des pays membres, avez-vous des alliés dans d’autres pays ?

Nous n’avons pas encore passé d’accords pour être affiliés à tel ou tel groupe parlementaire européen pour la simple et bonne raison que nous ne savons pas qui sera élu. Nous siégerons probablement dans un groupe eurolucide. Je n’emploie pas à dessein le terme eurosceptique car nous n’avons pas peur de l’UE. Nous savons ce qu’est l’UE, qu’elle est néfaste pour la France, qu’elle n’est pas réformable et qu’il faut en sortir. Notre analyse n’est pas basée sur des croyances ou des phobies mais sur une étude approfondie des faits.

 7) Quels sont les thèmes et les propositions que vous allez porter dans la campagne et une fois élu(e) ?

Nous porterons principalement le thème du Frexit, c’est-à-dire de la libération de l’UE, de l’euro et de l’OTAN. Tous les sujets fondamentaux et aussi divers qui intéressent les Français tels que l’emploi, le pouvoir d’achat, l’écologie, les services publics, le RIC, etc. dépendent de cela ! Nous n’allons pas néanmoins raconter n’importe quoi aux gens et mentir comme les autres. Le Frexit ou d’ailleurs la modification (impossible) des traités ne peut pas se faire par le Parlement européen qui a finalement assez peu de pouvoirs si ce n’est celui de codécision sur certains sujets. Les Parlementaires français ne représentent d’ailleurs que 10,5% de l’ensemble de ce Parlement. Nous ne ferons toutefois pas la politique du pire et nous voterons à chaque fois dans l’intérêt de la France et des Français, par exemple pour l’interdiction du glyphosate et contre les traités de libre-échange qui sont un désastre écologique. Nous nous servirons aussi de la tribune du Parlement européen pour dénoncer la dictature de l’Union européenne et serons la voix du Frexit. C’est exactement ce qu’avait fait Nigel Farage et qui a amené au référendum sur le Brexit !

8) Et pour finir, en quelques mots, dites-nous pourquoi les français(es) devraient voter pour vous et votre liste ?

Comme, je l’ai dit, le Parlement européen n’a que peu de pouvoirs. Néanmoins, je déconseille fortement l’abstention puisque l’abstention n’a jamais rien changé. Il y a eu une abstention massive aux dernières élections européennes et ce n’est pas pour cela que le pouvoir politique a fait une autre politique ou s’est senti illégitime pour appliquer sa politique, qui est celle décidée par l’UE. S’abstenir, c’est objectivement faire le jeu de Macron. Voter pour tous les partis altereuropéistes qui sont au Parlement depuis 35 ans ou 40 ans comme LR, le PS, le RN, EELV ou la FI ne changera aussi strictement rien. Ils y sont depuis 35 ou 40 ans et n’ont jamais fait un dixième de ce qu’a fait Nigel Farage pour dénoncer la dictature de Bruxelles. Le seul vote qui leur fait peur est celui pour l’UPR et pour le Frexit. Nous prenons 7 engagements forts pour nos parlementaires élus :

  • L’UPR s’engage à rester complètement indépendante des banques (0 € d’emprunt bancaire).
  • Les élus de l’UPR s’engagent à être très assidus au Parlement européen.
  • Ils dénonceront activement les méfaits de la « construction européenne » (lobbying, détournements de fonds, corruption, etc.). Ils réclameront des investigations à leur sujet.
  • Ils voteront toujours dans le sens des intérêts de la France et des Français : écologie, bien-être animal, agriculture familiale, démocratie, transparence financière, paix du monde.
  • Ils reverseront une part significative de leur salaire à un fonds géré par l’UPR destiné à soutenir des causes justes (soutien aux manifestants blessés, lanceurs d’alerte, protection du patrimoine et de la nature).
  • Notre chaîne web UPR TV produira des vidéos sur les coulisses du Parlement européen. Elle informera les citoyens et les alertera sur les attaques contre la démocratie et l’État de droit.
  • Les députés européens de l’UPR contribueront par leurs actes et leurs paroles à faire connaître à tous les Français la nécessité du Frexit.
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