Droit de réponse

Vous avez aimé les illuminati ? Vous allez adorer la CUAE

Cet article est un droit de réponse à l’article du 22 novembre 2015 de Pierre-Hughes Meyer. Nous le publions dans le respect du droit suisse qui permet un droit de réponse à quiconque est impliqué dans un article de presse. Cette réponse n’est pas le reflet d’un positionnement politique de Topo. 

À lire aussi: Les petits comptes entre amis de la CUAE de Pierre-Hugues Meyer

Nous avons lu avec étonnement – mais, nous devons l’avouer, un léger sourire – le tas de mensonges proférés par un membre du bureau de la pimpante « Association Faîtière de l’Université » (AFU), le non moins pimpant Pierre-Hugues Meyer[1]. Son cahier des charges (il s’occupe des affaires universitaires de l’AFU) lui impose visiblement de démasquer les terribles complots machinés par la très méchante CUAE. Chacun-e sait en effet que cet organisme obscur déploie l’essentiel de ses activités dans le plus grand secret, grâce à un réseau complexe de personnes infiltrées. Ou peut-être que l’auteur de l’article en question a eu un élan de créativité en sortant du nouveau James Bond.

Plus sérieusement, nous allons faire preuve de pédagogie et éclairer un peu la lanterne de notre journaliste en herbe. Nous le rassurons tout de suite, nous n’avons pas demandé de copyright sur les informations qui suivent et il sera tout à fait libre de les intégrer à ses prochains articles, sans devoir pour cela verser une cotisation à la trop riche CUAE[2].

Petit a), le fonctionnement de l’Assemblée de l’Université (AU). Les membres de la CGTF sont effectivement élu-e-s par cet organe, qui ne comprend que dix étudiant-e-s… sur quarante-cinq membres. Autant dire qu’une possibilité de contrôle de l’AU par les étudiant-e-s, même s’ils/elles arrivent à se mettre d’accord sur une candidature, est tout bêtement impossible.

Petit b), la CGTF compte actuellement trois membres étudiant-e-s, dont aucun-e ne fait ou n’a jamais fait partie du comité de la CUAE.

Petit c) (c’est bon, on a compris…), la Ciguë, coopérative de logement pour persones en formation, reçoit la même subvention depuis des années et Guillaume Käser, qui a été le président de la Ciguë ces quinze dernières années, n’a pour ainsi dire rien à voir avec la CUAE.

La CUAE a un budget plus élevé car elle fédère d’autres associations. À Lausanne par exemple, l’association faîtière reçoit l’entier du budget pour les associations, et c’est elle qui distribue cet argent. À Genève, le fonds dédié aux associations est distribué par une commission indépendante, et chaque association de faculté dispose d’un budget de base qui les rend autonome. En ce qui concerne les subventions extraordinaires perçues pour une somme d’environ 30’000 francs, elles servent pour l’essentiel à publier les plaquettes d’inscription pour les associations et l’agenda-guide gratuit distribué à tou-te-s les étudiant-e-s – ce qui coûte effectivement très cher. Pour l’année 2014-2015, cette dépense représente à elle seule 95 % du total des subventions extraordinaires touchées par la CUAE, et 52 % de son budget annuel.

Le budget de l’AFU (non reconnue à ce jour) est certes beaucoup plus modeste, mais sert à 70 % à couvrir les frais des apéros VIP pour les quelques happy fews qui ont le privilège d’y être invité-e-s (président-e d’association est un standing minimum pour espérer y accéder…). Charité bien ordonnée commence visiblement par soi-même, mais on pourrait aussi citer un autre proverbe où il est question de paille et de poutre…

Il est d’ailleurs regrettable que le premier texte publié par le nouveau bureau de l’AFU s’en prenne directement à des associations actives à l’université, ainsi qu’à une coopérative qui loge environ 600 étudiant-e-s et met gratuitement des salles à disposition des associations.

Enfin, au cours de ces quatre dernières années, la CGTF n’a heureusement jamais dû refuser une demande de subvention à une association pour des raisons financières, ce qui était le cas auparavant. La CUAE et les membres étudiant-e-s de l’Assemblée de l’Université ont en effet obtenu en 2012 une augmentation du fonds de la CGTF pour que les associations bénéficient de plus d’argent pour leurs projets.

On remercie toutefois Pierre-Hugues Meyer pour ce moment de franche rigolade complotiste et on ne peut qu’encourager vivement Topo à en publier les prochains épisodes. D’après des informations non vérifiées d’une source qui tient à garder l’anonymat, on saura enfin la vérité sur le contrôle des illuminati sur la CUAE et le fait qu’Ignace Cuttat soit un reptilien venu de l’espace !

Références

[1] Meyer, Pierre-Hugues, « Les petits comptes entre amis de la CUAE », Topo, 21 novembre 2015.

[2] La CUAE ne percevra pas non plus de dommages et intérêts pour atteinte à l’honneur.

Rédigé par...

Comité de la CUAÉ

Sous le sigle CUAE se cache la Conférence Universitaire des Associations d’EtudiantEs, association faîtière et syndicat des étudiantEs de l’Université de Genève, et leur porte-parole auprès des autorités universitaires et politiques. La CUAE a pour but de défendre les intérêts des étudiantEs tout en offrant un certain nombre de services. Dans ce sens, elle fonctionne comme un syndicat et adopte la ligne et l’opinion de la majorité des gens qui s’y engagent. La CUAE est politiquement indépendante. Ses structures sont démocratiques et elle est ouverte à tout étudiantE, et à toute association étudiante de l’Université dont les statuts sont compatibles avec les siens.